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Production de concerts et d'événements musicaux

Le Voyage à Lübeck

Le Voyage à Lübeck

Description du projet

Un voyage initiatique en Allemagne du Nord sur les pas de Johann Sebastian Bach

Les Maîtres de Jean-Sébastien 

Le programme se propose de faire côtoyer la musique de J.S. Bach avec celles des compositeurs allemands de la génération précédente, qui ont pu directement ou indirectement influencer son écriture musicale, conjointement ou en amont des musiciens français et italiens que Bach copia de sa main durant sa jeunesse.

Notre concert débutera avec la musique de Johann-Christoph Pezel, spécifiée pour le cornet à bouquin, et publiée à Frankfurt en 1685, année de naissance de Johann-Sebastian. Jouée par les Stadtpfeiffer (cornets et trombones) dans toute l'Allemagne depuis le balcon de l'hôtel de ville, du parvis des églises ou encore du haut des tours de la cité (Turmmusik), cette musique fut nécessairement entendue par le jeune Jean-Sébastien au cours de son enfance, dans sa non lointaine ville natale de Eisenach. 

Ces pièces instrumentales étaient également l'occasion de faire entendre les chorals luthériens à quatre voix, qui allaient constituer la clef de voûte de l'œuvre sacrée du futur Kantor de Leipzig. A cet égard, Gottfried Reiche publia quelques années plus tard (1696) un Quatricinia (fugue à 4 voix) pour ces mêmes instruments sur le choral Allein Gott in der Höhe. Bach le reprendra à 3 reprises dans ses chorals pour orgue, non sans avoir entendu la version de Georg Böhm à Lüneburg, où ils se côtoyèrent à deux reprises (en 1700 alors que Johann-Sebastian y était un modeste enfant-de-chœur, puis en 1706 à son retour pour Arnstadt du fameux voyage à Lübeck). Reiche s'illustrera par la suite en tant que trompettiste, dans les exigeantes parties de trompette des cantates écrites par Bach à Leipzig, entre sa prise de fonction en tant que Kapellmeister (1723) et la mort de son musicien virtuose (1734).

En bas de page d'un exemplaire de son Quatricinia se trouvent également quelques Sonatine - écrites à la plume - dues à  Johann-Christian Störl, dont l'une se développe en grande partie sur une basse de passacaille : un ostinatobien connu des organistes allemands,  qui en donnèrent chacun leurs propres versions, à l'image des Johann Pachelbel, Johann Adam Reinken ou Dietrich Buxtehude ( Passacaglia BuxWV 161 ici présente ). Elles constituèrent sans nul doute autant de sources d'inspiration pour leur cadet Johann-Sebastian, dans la composition de ses passacailles pour orgue ou violon seul notamment.

Quant au " voyage à Lübeck " effectué par le jeune musicien ( âgé de 20 ans, et nouvel organiste à Arnstadt ) auprès du vieux maître Dietrich Buxtehude, il ne fut à dire vrai pas une première en la matière : il avait été précédé deux ans au préalable par Johann Mattheson ( et un jeune comparse, également issue de Saxe, du nom de Haendel... ), invité par le conseil de la ville à venir faire acte de candidature à la succession de l' organiste vieillissant de la Marien-Kirche de Lübeck. Si Mattheson déclina l'offre (qui incluait comme condition sine-qua-non d'épouser l'une des filles encore à marier de Buxtehude...) il n'en retint pas moins la leçon du stylus fantasticus développé par le violiste-organiste de Lübeck, tout comme son goût prononcé pour la basse obstinée  (récurrente dans ses sonates pour violon et viole obligée), ainsi qu' en témoigne l'adagio d'une des sonates pour 3 flûtes à bec (ici flûte à bec et registres de flûtes) du notoire compositeur, flutiste à bec amateur ... et éminent théoricien du baroque allemand que fut Mattheson.  

A la question de l'instrumentation originale des pièces  du programme de ce soir, écrites pour 1 ou 2 cornets, 3 trombones, 3 flûtes à bec, flûte traversière ou orgue seul, qui seront entendues au cornet ou à la flûte à bec accompagnée de l'orgue, la liste des œuvres copiées ou signées par JS Bach faisant appel à des transcriptions bien plus osées - et plus éloignées de l'original - est suffisamment longue et explicite pour clore le chapitre avant même de l'ouvrir ... De fait, cette question qui fait parfois débat aujourd'hui se posait peu ou prou du temps de nos compositeurs, se copiant et se plagiant à l'envi, en témoignage de l'estime portée aux œuvres de leurs aînés ou de (certains de) leurs contemporains... 

Tout au plus pourrait on évoquer la question de l'instrumentation du testament musical que constitue le Kunst der Fuge ( L'art de la fugue ), dont certains spécialistes ont considéré qu'il aurait été composé ( exclusivement ) pour le clavecin, tandis que d'autres avis non moins respectables affirmaient qu'il ne fut pas même conçu pour être joué, tant sa seule conception in abstracto aurait été le dessein ultime de B.A.C.H...

A l'image de ce testament musical inachevé, la réponse reste Gottseidank encore et toujours ouverte de nos jours, pour le plus grand bonheur des organistes, flûtistes ou cornettistes (instruments tous spécifiés par Bach), mais encore pianistes, saxo- ou vibra-phonistes...  et autres artistes décomplexés, étrangers au souci contraignant de la restitution d'époque ! 

Gageons in fine que le plaisir communicatif du musicien puisse toujours révéler l'authenticité de l'esprit, en déférence à l'improvisateur virtuose et à l'instrumentiste  polyvalent que fut Bach tout au long de sa vie. Un esprit de partage qui s'accommode et se conjugue pourtant au respect admiratif de la lettre : celle d'un langage de génie, qui nous émeut autant qu'il nous dépasse. 

 Jean-Vincent Tubéry

Le Voyage à Lübeck

Style

Baroque, Ancienne

Coût de la prestation

5800 €

Des frais supplémentaires pourront s’ajouter au coût de la prestation musicale selon les besoins techniques, de voyages, d’hébergement et de repas des musiciens

Playlist

Programme

Johann Christoph Pezel

Sonatina & Saraband ( Frankfurt, 1685 )

4'

Nicolaus Bruhns

Praeludium en mi mineur

6'

Gottfried Reiche

Quadricinia ( Adagio, Alla breve ) et Sonatina " Allein Gott in der Höhe "

4'30

Georg Böhm

Allein Gott

3'

Johann Christian Störl

Sonata & Chaconna

3'30

Dietrich Buxtehude

Passacaglia BuxWV 161

4'30

Johann Mattheson

Prélude ( poco allegro ) & Chaconne ( grave )

4'

Jan Jacob Van Eyck

Onze Vader in Hemelrijk

2'30

Dietrich Buxtehude

Nimm von uns BuxWV 207

6'50

Johann Sebastian Bach

Allein Gott BWV 662

7'

Johann Sebastian Bach

Saraband per flauto solo ( D moll )

3'

Johann Sebastian Bach

Toccata et fuga in d BWV538

12'

Johann Sebastian Bach

L'art de la fugue : Contrapunctus I / XIII ( rectus ) / IV

11'

Biographies

  • Olivier Vernet
  • Orgue
  • Jean Tubéry
  • Flûte

Après des études de flûte à bec dans sa ville natale au conservatoire de Toulouse, puis au Sweelinck Conservatorium d’Amsterdam, Jean Tubéry décide de se consacrer à un instrument alors à redécouvrir : le cornet à bouquin. Il suit l’enseignement de Jean-Pierre Canihac (les Saqueboutiers de Toulouse) et de Bruce Dickey à la Schola Cantorum de Bâle, dont il obtient le diplôme de concertiste. Il a joué depuis avec les ensembles Clemencic Consort, Clément Janequin, Concerto Palatino, Les Arts Florissants, Collegium Vocale de Gand, Concerto Vocale, Hesperion XXI, Huelgas, Cantus Cölln, Elyma, La Petite Bande, Il Giardino Armonico, etc.

 En 1990, il fonde l’ensemble La Fenice, avec lequel il obtient dans la foulée le Premier Prix des Concours Internationaux de Musique Ancienne de Bruges et de Malmö.

Son intérêt pour le répertoire vocal l’amène également à la direction de chœur, qu’il a étudiée auprès de Hans Martin Linde et Pierre Cao. Il a ainsi été sollicité par des ensembles tels que Jacques Moderne (Tours), Dunedin Consort (Edinburgh), Norway Solistenkor (Oslo), Nederlands Kamerkoor (Amsterdam), Vox Luminis (Namur), la maîtrise de Radio-France (Paris) et le Chœur de Chambre de Namur dont il a été le chef titulaire de 2002 à 2008. En 2008, le chœur de Radio-France lui confie un projet autour de la musique sacrée du Grand Siècle, tandis qu’il est invité à diriger l’académie internationale d’Ambronay, autour des œuvres à grand effectif de Giovanni Gabrieli. Depuis 2010, le chœur Arsys Bourgogne fait régulièrement appel à lui en tant que chef invité.

Il a enregistré pour les labels Ricercar, Accent, Erato, Harmonia Mundi, Sony Classical, Virgin, Opus 111, Naïve, Alpha, ainsi que pour de nombreuses radios et télévisions nationales en Europe, au Japon et aux Etats-Unis. La série discographique « L’héritage de Monteverdi » réalisée avec le label Ricercar de 1995 à 2001, a été saluée par la presse spécialisée comme un « événement majeur dans l’univers du XVIIe siècle ». En 2003, il reçoit avec l’Ensemble La Fenice le grand Prix de l’Académie Charles Cros pour les enregistrements « Messe pour la Toison d’Or » de Matteo Romero, et « Symphoniae sacrae » de Giovanni Gabrieli.

Ses enregistrements réalisés à l’occasion des anniversaires des grandes figures du XVIIe siècle (Marc-Antoine Charpentier en 2004, Giacomo Carissimi en 2005, Johann Pachelbel en 2006, Dietrich Buxtehude en 2007) ont été unanimement salués par la presse musicale internationale, reconnaissant en son travail « une rigueur musicologique au service d’une inventivité artistique toujours renouvelée ». En 2010, sa version du Te Deum de Charpentier est élue version de référence par le magazine Classica. Il aborde également un répertoire plus tardif allant jusqu’à Jean-Sébastien Bach, dont un volume de Cantates de Noël, qualifié d’ « un des plus beaux enregistrements de cantates, malgré ses devanciers ». En 2015, à l’occasion des 25 ans de l’Ensemble La Fenice, il dirige et met en espace L’Orfeo de Monteverdi, avec les favoriti de La Fenice.

Par ailleurs, Jean Tubéry enseigne le cornet à bouquin au Conservatoire Supérieur – C.R.R. de Paris (depuis 1990) et au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon, ainsi que l’ornementation improvisée  au Conservatoire Royal de Bruxelles. Il a été invité à donner des master-classes au conservatoire national du Luxembourg, ainsi qu’au Centre Vocal Européen, au Mannes College de New York, à l’université d’été du Connecticut, à la Case University de Cleveland,  à la Schola Cantorum de Bâle, à l’université d’Oxford, à la Musikhochschule de Trossingen (Allemagne), à la Sibelius Akademie d’Helsinki et à la Musikuniversität de Graz.

En 2001, il est nommé Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres par le Ministre de la Culture Catherine Tasca. En 2006, il reçoit le Prix Liliane Bettencourt à l’Académie des Beaux arts de Paris pour son travail avec le Chœur de chambre de Namur. L’année suivante, il enregistre pour Arte et la RTBF les œuvres vocales de Pachelbel et un oratorio de Pietro Torri (re-création). Il est alors élu personnalité musicale de l’année par le quotidien national belge « Le Soir ». En 2013, Jean Tubéry a été élevé au grade de Chevalier dans l’ordre des Palmes Académiques.

La résidence qui lui est offerte à Auxerre / Yonne / Bourgogne depuis Janvier 2009 lui permet également de faire découvrir la musique baroque dans le milieu scolaire, ainsi qu’en milieu rural, publics néophytes dont l’enthousiasme renouvelle sans cesse sa pratique musicale, et son engouement pour l’enseignement. Depuis 2013, il est également directeur artistique du festival  » Le Noël enchanté  » d’Auxerre.


La carrière exceptionnelle d’Olivier Vernet confirme l’espoir suscité par les nombreuses distinctions recueillies  durant ses études auprès de Gaston Litaize au CNR de St-Maur des fossés (médailles d’or en formation musicale, analyse, orgue, musique de chambre, déchiffrage et transposition), Marie-Claire Alain au CNR de Rueil-Malmaison (premier prix de virtuosité à l’unanimité avec félicitations du jury), et Michel Chapuis dans la classe duquel il remporte le premier prix d’orgue au C.N.S.M. de Paris. En 1988, il obtient le C.A. de professeur d’orgue. Premier prix d’honneur, à l’unanimité, avec les félicitations du jury au concours international de l’U.F.A.M. à Paris en 1984, il remporte en 1991, le premier grand prix international d’orgue de Bordeaux. Il est lauréat des fondations Aram Khatchatourian, Marcel Bleustein-Blanchet pour la Vocation et Yehudi Menuhin.

Désormais reconnu comme l’un des plus brillants représentants de l’école française d’orgue, il mène une carrière internationale, invité par les plus grands festivals. En 20 ans, il a donné plus de 800 concerts à Paris (à Notre-Dame, la Madeleine, St-Etienne-du-Mont, Radio France,…), à travers toute la France ainsi qu’en Allemagne, en Belgique, au Canada, au Danemark, en Espagne, en Estonie, en Finlande, en Grande Bretagne, en Italie, au Japon, au Luxembourg, en Lituanie, en Russie, en Suisse, en Tchécoslovaquie et aux U.S.A. Il est invité par les plus grands festivals, tant généralistes que plus spécifiquement dédiés à l’orgue : Festival d’Ambronnay, Printemps des Orgues d’Angers, Festival d’Auvers-sur-Oise, Festival de Besançon, Festival de Chartres, Festival du Comminges, Festival Bach de Saint-Donat, Saison Musicale de Saint-Guilhem-le-Désert, Festival de Musique du Vieux-Lyon, Festival de Masevaux, Festival Collavoce de Poitiers, Festival International de la Roque-d’Anthéron, Festival de Roquevaire, Musicales de Soultz, Festival de Strasbourg, Fêtes Musicales en Touraine, Florilège Vocal de Tours, Nuits Musicales d’Uzès,  Festival d’Art sacré de la ville de Nice, Festival de Mougins, Festival de St-Riquier, Flâneries musicales de Reims, Festival de la Vézère, Festival de Toulouse-Les-Orgues, Festival de l’été Mosan, Festival International de Monaco, Festivals internationaux de Stressa et de Padoue en Italie, Festival des Flandres, Festival Bach d’Ansbach en Allemagne …à Nantes, en janvier 2000, il donne plusieurs récitals à la Folle journée Bach, sur un orgue installé à cette occasion dans la grande salle du Palais des Congrès, aux côtés des plus prestigieux solistes et ensembles européens. L’un des récitals a été diffusé par la télévision. Il inaugure l’année culturelle France-Russie au théâtre Mariinsky (anciennement Kirov) de St-Petersbourg en 2010.

Il se produit régulièrement avec différents orchestres et ensembles : l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo, l’Orchestre Stradivaria, l’Orchestre de Picardie, l’Ensemble Jacques Moderne, l’Ensemble Matheus, le Lachrimæ Consort, l’Orchestre d’Auvergne, l’Orchestre de Chambre de Lyon, Les Sauvages et la Simphonie du Marais. En 2004, il fonde l’ensemble …in Ore mel… L’ensemble explore le vaste corpus des œuvres vocales et instrumentales des répertoires français et allemand des 17e et 18e siècles. Ils ont enregistré 5 CD consacrés à Charpentier, Clérambault, Corrette ainsi qu’à J. C. Bach, Mozart et Haydn.

Olivier Vernet a enregistré plus de 100 CDs dont les intégrales des œuvres de J.S Bach, C.P.E Bach, Bruhns, Buxtehude, Clérambault, Couperin, De Grigny, Hanff, Kneller, Mozart, Mendelssohn, Gade, Schumann et Liszt ainsi que l’intégrale des concertos pour orgue et orchestre de C.P.E. Bach, J.C. Bach, de J. Haydn, de M. Corrette et le 1er enregistrement mondial des concertos à 2, 3 & 4 claviers de Bach avec 2, 3 & 4 orgues en compagnie de Marie-Claire Alain. Récompensé par de très nombreux Diapason d’Or, Choc du Monde de la Musique, ffff de Télérama, 10 de Répertoire, Joker de Crescendo et Recommandé par Classica, il a obtenu les 4 récompenses les plus prestigieuses décernées par la presse francophone : le Grand Prix de la Nouvelle Académie du Disque pour son intégrale Buxtehude, le Grand Prix de l’Académie Charles Cros, le Grand Prix de l’Académie des Beaux-Arts et le Diapason d’Or de l’Année 2000 pour son intégrale de l’œuvre de J. S. Bach.

Olivier Vernet est depuis 2006, titulaire de la prestigieuse tribune des grandes orgues de la Cathédrale de Monaco. A ce titre, il est aux claviers pour la cérémonie religieuse du mariage de S.A.S. Le Prince Albert II et Mademoiselle Charlène Wittstock, le 2 juillet 2011, et pour le baptême princier, le 10 mai 2015. Olivier Vernet enseigne à l’Académie de Musique Rainier III de Monaco et au Conservatoire à Rayonnement Régional de Nice (depuis septembre 2007). Il est directeur artistique du Festival International d’Orgue de Monaco et du Festival d’Orgue de Mougins. Olivier Vernet est chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres;

Besoin technique

Orgue à tuyaux

Le Voyage à Lübeck

Style

Baroque, Ancienne

Coût de la prestation

5800 €

Des frais supplémentaires pourront s’ajouter au coût de la prestation musicale selon les besoins techniques, de voyages, d’hébergement et de repas des musiciens

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